MicroDON : au-delà des fonds collectés, une expérience humaine riche
Proposer aux clients des supermarchés de faire un petit don lors de leur passage en caisse, c’est la bonne idée proposée et mise en œuvre par microDON, start-up de l’économie sociale et solidaire qui a vu le jour en 2009. Affectée au supermarché DIA sur l’avenue d’Italie dans le 13ème arrondissement de Paris, RIM a mobilisé ses bénévoles pour la deuxième fois pour cette opération. Retour sur une expérience avant tout humaine.
Ecrit par l’équipe de RIM, le 12 octobre 2015
C’est à l’initiative de l’entreprise microDON que plus de 200 associations ont élu domicile, le temps d’un week-end, dans différents supermarchés parisiens. Conduite en partenariat avec les enseignes Franprix, Monoprix et Dia, cette opération présente des vertus multiples.
« Les petits ruisseaux font les grandes rivières »
Tout d’abord, et c’est son objectif premier, elle permet de collecter des fonds pour un projet donné. RIM a fait le choix de consacrer ces deux journées de mobilisation au financement d’un foyer de collégiennes dans la région de Beni Mellal. Grâce à la générosité des clients du supermarché Dia Avenue d’Italie, nous avons collecté en deux jours la somme de 500 euros, une somme qui correspond à l’hébergement d’une collégienne pour toute une année scolaire.
Créer du lien
Mais au-delà des fonds collectés, l’opération a également permis de donner de la visibilité à notre association, d’échanger avec de nombreux habitants et de les informer de nos projets.
Notre équipe de bénévoles, menée avec talent par Assia, Ines et Ali, s’est renforcée de nouvelles recrues : Ghislane, Kenza, et de nombreux autres qui se reconnaîtront. Leur énergie et leur enthousiasme ont été précieux, et leur engagement à nos côtés, surtout s’il est durable, est prometteur.
Un bel exemple de solidarité
Enfin, ces deux journées furent riches en enseignements sur le plan humain. Les personnes que nous avons rencontrées ont réagi de manière très variée. Les uns, touchés de voir des jeunes se mobiliser pour d’autres jeunes, accompagnaient leurs dons de sourires et d’encouragements. D’autres, pour des raisons propres à chacun, préfèrent s’abstenir. Mais le fait le plus marquant de ces deux jours restera incontestablement l’incroyable générosité de cet homme démuni, sans domicile fixe, et qui malgré ses maigres moyens, a tenu à apporter sa contribution financière à l’avenir d’enfants qui vivent à plus de 2000 kilomètres de distance. Un remarquable exemple de solidarité à méditer.
A la rencontre du Maroc qu’on aime, actif, dynamique, généreux et solidaire !
Publié lundi 21 septembre 2015.
Le village de Tnine Lgharbia est situé à 26 kilomètres de la ville de Oualidia, vers l’intérieur.
Les campagnes « Un vélo pour ne pas quitter l’école » ont démarré dès 2009 et 70 vélos ont été financés par RIM et remis aux enfants les plus démunis, écolier(e)s et collégien(ne)s, pour faciliter leurs trajets quotidiens jusqu’à l’école.
La campagne de levée de fonds effectuée l’été 2015 a permis l’achat à Marrakech de 30 nouveaux vélos, et la cérémonie de remise a eu lieu le samedi 19 septembre 2015. Nous étions 3 de l’association RIM à nous être déplacés (à nos frais, bien entendu) : Dominique Fulchi, qui a tissé des liens de longue date avec l’association locale « Association de l’Amitié pour la Culture et le Développement », et qui a géré la mise en œuvre concrète du projet ; Ali Benkirane, membre du bureau de RIM, et Wafa Skalli, Présidente.
Avant le départ, l’équipe de RIM s’était mobilisée et avait mobilisé les amis de RIM au Maroc, aussi bien pour la commande, le transfert et la préparation des vélos.
Le jour de la cérémonie, des discours des institutionnels, des associations et du corps enseignant, tous expriment combien cette chaine de générosité aboutit à des résultats concrets : permettre à des jeunes de construire leur avenir. Nous sentons que nous sommes dans un environnement où il existe une véritable dynamique de groupe, avec une bonne entente entre enseignants, directeurs d’école et de collège, et association locale. Puis vient l’heure de la distribution, un bonheur partagé !
Nous sommes ensuite conviés à un repas délicieux organisé par l’association locale, suivi par une réunion de travail pour consolider le bilan des vélos transmis les années précédentes, et le mode de fonctionnement pour un suivi le plus efficace possible.
Nous allons ensuite visiter l’école Badr, seule école rurale ayant obtenu le label «Pavillon vert» en zone rurale, et dont quelques réalisations sont visibles sur le site http://littoraldurable.ma/fr/eco-ecole-ecole-badr-de-tnine-gharbya/. Nous sommes réellement impressionnés par l’enthousiasme, l’engagement et la créativité du directeur d’école et d’une enseignante qui nous montrent avec fierté les merveilleuses réalisations des enfants à partir d’objets et de matériaux recyclés, et qui nous évoquent la pièce de théâtre qu’ils ont écrite et montée, et que les enfants ont joué jusque dans le théâtre municipal de Safi !
Nous repartons enfin en fin d’après-midi, heureux d’avoir vu de manière concrète l’aboutissement de toute une chaine solidaire. Nous voulons partager avec tous les donateurs, et tous les membres et amis de RIM, ce plaisir. Oui chaque action compte, et plutôt que de maudire l’obscurité, une belle petite bougie a été allumée à Tnine Lgharbia. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont rendu cela possible.
Nous sommes en 2015, et pourtant, à l’issue de l’école primaire, moins d’un enfant marocain sur deux est capable de lire une phrase correctement. Face à ce constat amer qui illustre l’échec du système éducatif, la société civile marocaine s’organise, à l’image de l’association RIM (Relais Instruction éducation Maroc) qui agit depuis près de 15 ans pour favoriser l’accès à l’école dans les régions défavorisées.
Publié sur www.opinion-internationale.com le lundi 30 mars 2015
L’Education, véritable talon d’Achille du pays
Alors que des progrès significatifs ont été enregistrés dans de nombreux domaines (économie, pouvoir d’achat, libertés), l’Education reste le véritable talon d’Achille d’un pays où les inégalités demeurent importantes, particulièrement entre les villes et les campagnes. Selon le dernier rapport de l’UNICEF, seuls 70 % des enfants en milieu rural accèdent au collège et à peine 30,6 % au lycée (21,9 % chez les filles). Des chiffres inquiétants qui expliquent en partie le mauvais classement du Maroc en matière de développement humain (129ème rang en 2013 d’après le PNUD, loin derrière la Tunisie et l’Algérie).
Ce retard pris en matière d’éducation peut s’expliquer de différentes façons : conditions d’enseignement très difficiles, enseignants mal formés, éloignement des écoles en milieu rural, subsistance d’obstacles culturels à la scolarisation des filles, enseignement basé sur l’apprentissage par cœur plutôt que sur le développement d’un véritable esprit critique… Certains y voient également une part de l’héritage des années de plomb, pendant lesquelles l’Education fut loin d’être la première des priorités.
Depuis le début des années 2000, les efforts consentis par les pouvoirs publics sont pourtant bien réels, comme en témoignent les nombreux projets menés dans le cadre de l’INDH (Initiative Nationale pour le Développement Humain), initiative d’envergure nationale qui repose sur une approche participative et inclusive, ainsi que sur le ciblage des territoires les plus pauvres. Le Maroc consacre d’ailleurs 5,4 % de son PIB à l’éducation, contre seulement 3,7 % en moyenne pour les pays à indice de développement humain moyen (rapport PNUD 2014).
« Nous pouvons relever le défi si chacun y prend sa part »
Professeur des Universités à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers de Paris, où elle assure également la direction scientifique d’un Institut de recherche en biomécanique, Wafa Skalli fait partie de cette diaspora marocaine qui a à cœur d’agir pour son pays d’origine. Pragmatique, elle impulse en 2001 la création de l’association RIM (Relais Instruction éducation Maroc), qui agit en lien étroit avec les acteurs locaux des régions ciblées, pour répondre aux besoins exprimés par les populations en matière de scolarisation.
Ces actions concernent tant l’aspect infrastructurel et matériel (salles de classe, foyers de jeunes collégiennes, fourniture de vélos aux élèves pour se rendre à l’école,) que des initiatives de plus grande envergure, comme le projet intégré de développement par l’éducation de la vallée d’Imlil, conduit en partenariat avec l’ONG Aide et Action International. En près de 15 ans, l’association a contribué à la scolarisation de plus de 2000 enfants.
Convaincue qu’il n’y a pas de fatalité, Wafa Skalli ne jure que par l’action : « L’Etat ne peut pas tout. Chacun d’entre nous doit faire quelque chose pour permettre à ces enfants d’aller à l’école et d’être scolarisés dans de bonnes conditions. Nous sommes une association de taille modeste mais avec l’ensemble des bénévoles de RIM, jeunes et moins jeunes, français amis du Maroc, marocains et binationaux, déterminés à faire avancer les choses, nous faisons notre part du travail. Si chacun s’y met, si chacun donne un peu de son temps, de son énergie, de sa compétence, ou/et contribue financièrement, alors ce pays relèvera le défi. »
« Sur le chemin de l’école » : de la misère à l’espoir
Cette énergie, Zahira n’en manque pas. Comme Jackson, Carlos et Samuel, cette fillette de 12 ans, originaire de la vallée d’Imlil, effectue un véritable périple pour se rendre à l’école, où elle passe la semaine dans un foyer grâce à l’action de RIM et ses partenaires. C’est le courage et la détermination de ces quatre enfants que Pascal Plisson a choisi de mettre en lumière, grâce au film documentaire « Sur le chemin de l’école », tourné au Kenya, en Argentine, en Inde et au Maroc. Mêlant tendresse, humour et intelligence, sur fond de merveilleux paysages, ce film connut un succès unanime en France, avec plus d’1,2 million d’entrées et le César du meilleur film documentaire obtenu en 2014.
L’association RIM s’appuiera ce mardi sur la diffusion de cet excellent outil de sensibilisation pour organiser une table-ronde sur le soutien à l’Education au Maroc. En partenariat avec la Fondation Maison du Maroc, cette projection-débat se déroulera à la Cité Universitaire de Paris, en présence du réalisateur Pascal Plisson et d’intervenants de qualité. De belles émotions en perspective, mais également une belle occasion pour réfléchir, sensibiliser et dialoguer, car comme le disait Nelson Mandela, « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. »
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